mardi 15 mars 2011

Carnaval en Haïti












Le  Carnaval en Haïti est très préparé et attendu par la population bien que beaucoup nous disent ne pas vouloir y aller ! C’est un temps pour chanter, danser, s’amuser, s’appréter. Le carnaval Haïtien est divisé en deux parties :

- L- La première dénommée « exercices » est considérée comme une sorte de préparatifs. Chaque dimanche précédant les jours gras et après la fête des Granmouns (fête des rois mages) ont lieu dans les rues après les offices religieux des défilés par ceux que l'on appelle les bandes à pied.

- L- La deuxième parti, le carnaval à proprement dit qui a lieu les trois jours gras. C’est le temps de la réjouissance suprême et des grands déguisements. En effet, les dimanche, lundi et mardi gras ont lieu les grands défilés ponctué de méringues, de danses et de chants de toutes sortes. Ces jours sont bien entendu férié avec en plus le mercredi des cendres.

Originairement le carnaval se déroulait à Jacmel et à Port-au-Prince. Depuis 3 ans il y a aussi un carnaval à Petit-Goâve. Cette année, c’était la troisième édition du carnaval Dous Makos (spécialité de Petii-Goâve, je vous en parlerai plus tard). Du bas de la ville au haut de la ville, les rues étaient investies toute la nuit par des enfants, des femmes, des hommes, de multiples couleurs, du bruit, des masques, des instruments, des chars, des stands décorés… De nombreux stands sont proposés au dessus de la rue à l’origine plutôt pour la bourgeoisie.

Les entreprises et partie politique (cette année particulièrement avec les élections) en profitent pour faire beaucoup de publicité.

Les chansons du carnaval sont surtout sur les femmes mais il y aurait aussi quelques chansons sur des évènements importants de l’année, des frustrations politiques ou autres, de la dérision et de la critique. Entre autre cette année : un cercueil pour le choléra avec un slogan, on enterre le choléra.

Nous avons donc passé un bon moment avec des haïtiens qui nous ont invité en VIP sur une tribune d’où l’on voyait toute la rue. Nous avons assité à un beau défilé riche en couleurs, très bruyant (chaque groupe ayant sa musique) et familiale. Mais aussi au milieu des troupes familiales, se trouvent les raras. Ce sont des troupes de paysans qui parcourent les campagnes à l’époque du carnaval jusqu’aux fêtes de Pâques. Ils sont reconnaissables à leurs cornets en zinc et à leurs vaccines, trompes de bambou de différentes tailles à la fois soufflées et frappées. Il y aussi bien des hommes, des femmes et quelques enfants.

Quelques photos du carnaval de Petit-Goâve.

https://picasaweb.google.com/107992730340357107736/Carnaval?authkey=Gv1sRgCKGXypTO88XQUw#5594867312899556354



lundi 10 janvier 2011

De l'eau potable dans les robinets





Afin de garantir l'accès à l'eau potable à la population de Petit-Goâve, la Direction nationale de l'eau potable (DINEPA), en partenariat avec la Croix-Rouge française et l'Unicef, a construit une station de chloration du réseau de cette commune dont l'inauguration a eu lieu le 28 décembre dernier.


Haïti: Très sollicitée depuis l'épidémie de choléra, la toute nouvelle Direction nationale de l'eau potable (DINEPA), créée par la loi il y a un peu plus d'un an, semble vouloir progressivement remplir sa mission. La population urbaine de Petit-Goâve et celle de certaines localités rurales de la commune vont avoir accès à l'eau potable à partir de leurs robinets.


« Suite aux problèmes du choléra, la Croix-Rouge française à Petit-Goâve a souhaité agir, notamment en permettant le traitement de l'eau dont la distribution vient d'être prise en main par la DINEPA. Nous avons donc, avec la DINEPA, fait un certain nombre d'études qui nous ont conduits à réaliser ce projet qui est une station de chloration », a indiqué Sébastien Renou, spécialiste Eau de la Croix-Rouge française.

En fait, de la station de captage de l'eau qui dessert la ville, la DINEPA a donc construit dans la localité de Béatrice un bâtiment abritant une solution de chlore concentré que l'on injecte aux sources avec un dosage précis. « C'est mesuré et contrôlé par le service technique de la DINEPA chaque jour afin d'assurer le bon dosage et la bonne concentration », a assuré M. Renou, soulignant que ce projet va servir les 2/3 de la population urbaine de Petit-Goâve et d'autres localités rurales alimentées par le réseau d'eau. « La zone de Morne Soldat n'est pas concernée parce qu'elle n'est pas desservie par le réseau du centre-ville », a-t-il précisé.


Plusieurs contrôles du chlore résiduel seront effectués tous les jours, en plusieurs points du réseau de distribution, afin de détecter les éventuelles anomalies sur la qualité de l'eau.


En ce qui a trait aux sections rurales non alimentées par le réseau urbain, les responsables ont indiqué que d'autres procédés vont être étudiés afin de permettre à la population de ces zones de faire elle-même la chloration de l'eau à la maison. « Aujourd'hui, nous traitons le réseau du centre-ville. Pour les sections communales, il faudrait les étudier au cas par cas selon les besoins et suivant les menaces », a fait savoir Sébastien Renou, informant du démarrage prochain des travaux de réhabilitation complète du réseau de la commune endommagée par le séisme.


L'administrateur de la DINEPA à Petit-Goâve, Yves Mainviel, de son côté, n'a pas caché sa satisfaction pour ce projet. Appelant la population à fermer les robinets après utilisation pour ne pas gaspiller l'eau. Il souhaite que la Croix-Rouge française et l'UNICEF qui ont supporté la construction de la station de chloration continuent à participer à la construction d'autres stations dans le pays afin de garantir l'accès à l'eau potable à la population.


Selon les responsables, l'inauguration de ladite station s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la DINEPA depuis l'annonce officielle de l'apparition du choléra en Haïti, en conformité avec les objectifs fixés dans la Stratégie nationale sectorielle de réponse contre le choléra, notamment de couvrir les besoins en chlore de tous les réseaux d'eau du pays.

Article extrait du Nouvelliste



Valéry Daudier

mardi 23 novembre 2010

La monnaie haitienne





La monnaie haïtienne officielle est la Gourde. Mais dans la vie de tous les jours, les haïtiens parlent en dollars haïtiens. Haïti fait partie des rares pays où il existe encore une "monnaie virtuelle". Quand vous achetez légumes, les marchants vont vous dire les prix en dollars haïtiens. Dans tous les magasins les prix, les proformas, les factures sont faites en dollars haitiens, c’est un réel effort pour eux de faire le calcul en gourdes et encore plus en dollars américains ! Et sachant qu’en Haiti, on utilise aussi beaucoup le dollars américains, il y a beaucoup de quiproquo. Il n'existe pas de billets ni de pièces de dollars haïtiens, c'est juste une habitude orale qu'ont pris les habitants, habitude datant de l'époque où Haïti était occupée par les américains. Ces derniers avaient alors défini un taux fixe de 5 Gourdes pour 1 dollar US. Mais comme ils parlaient en dollars, l'habitude est restée même après la dévaluation de la gourde, ce qui fait qu'aujourd'hui, le dollar haïtien vaut 5 Gourdes haïtiennes et moins de 1 dollar US. Donc par exemple si on vous demande 10 dollars pous vos achats, vous donnez un billet de 50 gourdes.

Le mot « gourde » est une traduction du mot espagnol « gordo » qui signifie gros, gras, un terme qui se référait au peso, monnaie d’échange acceptée dans les colonies françaises des Antilles, à la fin du 18ème siècle. La gourde équivaut à 100 centimes. La Banque de la République d’Haïti émet des pièces de 50 centimes, 1 et 5 gourdes et des billets de 10, 25, 50, 100, 250, 500 et 1000 gourdes.

C’est étonnant de voir les haitiens compter en dollars haitien avec sous leur yeux des gourdes. Pour eux quand ils ont un billet de 100 gourdes, ils disent 20 dollars et si on leur dit il y a écrit 100 : non c’est 20 dollars.

Si on me rend par exemple 250 gourdes (2 billets de 100 et un billet de 50), un haitien va dire voici « 20, 40, 50 dollars ».

Voici deux proverbes haitiens sur l’argent :

Gwo vant pa di lajan. (Avoir un gros ventre ne veut pas dire que tu as de l’argent)

Lanjan nan poch pa fè pitit. (L’argent dans la poche ne peut pas faire de petit)

jeudi 23 septembre 2010

Projet bibliothèque à Petit-Goâve

Bonjour à toutes et à tous,

Nombreuses sont les actions menées par les différentes ONG présentes en Haïti pour aider les populations sinistrées. Etant sur place depuis plus de 5 mois, j’ai observé un immense manque au niveau de l'éducation. Et là, quasiment aucune ONG et pas plus l'Etat, ne se sont engagés dans ce domaine. Avec mon amie de longue date Marie-Michèle Félix, nous avons pensé que nous pouvions apporter notre grain de sable dans le soutien à la population haïtienne. Grâce à votre générosité, je souhaite mettre en place les actions suivantes sur la ville de Petit-Goâve:

  • Création d’une petite bibliothèque (ambulante ou dans une école)
  • Scolarisation d’enfants : il y en a plusieurs qui ne vont pas à l’école dans mon quartier. Une année de scolarité en primaire coute : environ 20 euros à cela il faut ajouter les cahiers et livres 30 euros et l’uniforme 5 euros, une année de scolarité au collège coute : environ 100 euros auquel il faut aussi ajouter les livres et uniforme.
  • Aide matériels à un orphelinat. Les enfants ont besoin d’habits, de produits de première nécessité que je me chargerai d’acheter.

Voilà de petites actions qui pourraient être entreprises grâce à votre solidarité et aide économique. Pour tout renseignement supplémentaire vous pouvez me contacter par mail.

Par avance merci de votre aide.

Laure

renoulaure@yahoo.fr

Adresse en Haiti (poste non fonctionnelle) :

Rue des Roulottes à Petit-Goâve

Adresse en France :

27 chemin des Roberts

17 100 Saintes


PS : Il est important que vous compreniez que l´urgence et nos moyens limités ne nous permettent pas de créer une association. Nous faisons appel à votre générosité mais également à votre confiance. Si l´opération se révèle un succès et que certains objectifs sont atteints nous envisagerons de renouveler l´action l´année prochaine dans le cadre d´une association.


mardi 24 août 2010

L'école de Madame Sébastien




Durant le mois de juin, juillet et surtout août car les enfants étaient en vacances, j’ai beaucoup acceuilli les petits haitiens de mon quartier dans mon jardin pour des séances de français, maths, jeux, discussions…

Ici, les enfants n’ont pas beaucoup de distraction. Il passe beaucoup de temps devant leur maison, sur la plage, dans la rue… à discuter entre amis, familles. Et ils sont demandeurs de jeux, de livres, de discussions sur nos habitudes à nous les blancs comme ils nous appellent.

J’ai donc commencé par leur prêter un ballon puis deux qu’ils devaient me ramener le soir sinon je suis sûre de ne pas les retrouver et comme ça je peux en faire profiter plusieurs enfants. Puis, j’ai proposé à une enfant non scolarisée de venir chez moi 3 fois par semaine pour que l’on travaille un peu ensemble. Finalement Natacha, Stania, Katia, Valentina, Stevenson, Fabienca, Emmanuella, Calypso, Sisi… viennent passer leur après midi chez moi (dont 3 filles qui ne louperaient pour rien au monde leur après midi « travail » à l’école de Madame Sébastien). J’ai acheté des craies et un grand tableau que j’ai installé sous un abris dans mon jardin, des cahiers, des stylos, des cahiers de coloriages, quelques livres, des jeux de cartes, des dominos. Les enfants sont ravis et tellement étonnés que je leur prête tout ça. Beaucoup d’enfants me demandent des livres d’où mon idée de créer une bibliothèque. C’est un grand bonheur de passer mes après midi avec ses enfants de 3 à 16 ans. Certains sont très reconnaissants, d’autres sont reconnaissants mais en veulent toujours plus. Et si un après midi, je ne peux pas les recevoir, ils ne manquent pas de m’appeler à travers les grilles de notre protail pour que je leur prête des jeux. Et le petit Calypso presque 4 ans me demandent s’il peut venir faire ses devoirs ! C’est très mignon et attendrissant !

J’ai organisé pour les 16 ans d’une de mes élèves Natacha un goûter d’anniversaire, nous avons fait des jeux : le berêt, la chaise musicale, la tomate et d’autres jeux… Puis nous avons partagé un bon gateau fait par Ketsia, des boissons et des surettes (bonbons). Les enfants étaient tout excités et j’ai pu constater que comme en France, certains sont bons joueurs d’autres mauvais, certains sont tricheurs, d’autres très conciliants, j’ai bien rigolé !

Et c'est sur cette note de bonne humour que nous nous sommes souhaités de bonnes vacances car je rentrai quelques jours en France et que les enfants font leur rentrée debut octobre.

jeudi 5 août 2010

Mygale haïtienne et autres petits nuisibles


Les seules espèces d’animaux dangereuses en Haïti ou très nuisibles sont la mygale (araignée pouvant atteindre 18 cm de large), la scolopendre (mille-pattes atteignant 30 cm de long), les chauves-souris (vecteur de la rage) et les moustiques (vecteur du paludisme et de la dengue.)

Nous voyons régulièrement chez nous la mygale : dans notre salle de bain ou sur notre porte de chambre (côté extérieur heureusement) et les moustiques qui se font un plaisir de nous piquer à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Le soir, en se couchant, c’est inspection générale de notre lit à cause des moustiques et des mygales, sait-on jamais s’ils leur prenaient l’idée de grimper dans notre lit, puis bordage de la moustiquaire et on peut ainsi dormir sur nos deux oreilles.

De temps en temps nous voyons aussi des serpents dans notre jardin. J’ai voulu planté du vétiver, plante que l’on trouve très couramment dans les mornes et beaucoup dans le sud d’Haïti mais les gardiens m’ont dit de ne surtout pas en mettre car on aurait trop de serpents!

Pour les moustiques ce n’est pas évident de ne pas se faire piquer : il fait chaud donc on vit dehors tout le temps, on n’a pas envie de se couvrir les jambes et bras… alors pas facile de ne pas être piqué !

A Petit-Goâve, nous ne voyons pas beaucoup d’oiseaux, si ce n’est quelques oiseaux ressemblant aux corbeaux qui se nichent en haut des cocotiers et font beaucoup de bruits et de jolis colibris aussi appelés oiseaux-mouches qui viennent voleter de fleur en fleur surtout attirés par les hibiscus, plongeant leur bec dans les corolles pour attraper les insectes et sucer le nectar.


samedi 31 juillet 2010

Recette de Coquillolles


Voici une recette assez simple à faire et vraiment délicieuse de petits biscuits appelés coquillolles, que nous fait régulièrement Ketsia. Les quantités ne sont peut-être pas très précises car Ketsia fait un peu à l'oeil.
Pour une dizaine de petits gâteaux:
  • 3 tasses de farine
  • une demie cuillère à café de levure
  • 2 cuillère à café de sucre
  • environ 25 g de beurre
  • 1 jaune d'oeuf
  • une demi banane
  • un peu de lait
  • cannelle et anis étoilé (environ une cuillère à café), noix de muscade
  • une pincée de sel
Ici nous achetons la cannelle et l'anis en entier. Donc il faut les faire griller avant de les piller (soit disant c'est plus facile).
Mélangez tous les ingrédients, vous obtenez une pâte. Étalez cette pâte et faites des ronds de la taille d'un verre, puis un autre petit rond au milieu de ce premier rond de la taille d'un culot de bouteille.
Faites cuire ces petits gâteaux soit au four soit dans l'huile; cette dernière est la solution préférée des haïtiens.
Saupoudrez de sucre.
Bon appétit!



samedi 24 juillet 2010

« Comment les ânes apparurent en Haïti »


Voici un conte haïtien

Le matin des noces de son père, un petit bout d’homme, pas plus haut que trois sapotilles, son balai de latanier à la main « propretait » le devant de sa chaumière ainsi que sa cour.

Un esprit surnaturel vient soudain se loger dans sa tête et lui dit que la future épouse qui a l’apparence trompeuse d’une femme fort belle est, en vérité, une ânesse. Pour en avoir la preuve il lui conseille de lui astiquer les fesses avec un nerf de bœuf pour qu’elle rue et retrouve sa vraie nature.

C’était une bien terrible révélation pour un petit bonhomme pas plus haut que trois citrons verts qui ne trouve rien d’autre à faire que de chanter tout en balayant: – M ap propte o! Men pouki m ap propte? Je nettoie o! Mais à quoi me sert-il de nettoyer?

Il est bien tenter d’en parler à son père, et peut-être même lui en a-t-il glissé deux mots, peine perdue, le père est devenu un morceau de sucre qui fond sous la langue de sa promise. – M ap propte o! Men pouki m ap propte? continue de chanter le petit bonhomme pas plus haut que trois cirueles qui a subtilisé le nerf de bœuf de son père et l’a caché sous sa vareuse.

Au moment des réjouissances, les invités de la future épouse envahissent la cour et la maison; ils sont plus nombreux que ceux du futur marié. Ils boivent, ils mangent, ils rient comme des baudets. C’est alors que le petit bonhomme pas plus haut que trois pois tendres, se place derrière la mariée et lui astique les fesses, vloup, avec le nerf de bœuf.

Blakadap, instantanément la mariée rue des quatre pattes. Campé bravement au milieu des invités, le petit bonhomme devenu grand comme un mapou fromager, lance, avec autorité, des coups de fouets sur les côtés, devant, derrière, en haut , en bas, vloup, vlap, vlip!

La réception se transforme en écurie avec des braiments, des hennissements, des hi-hans, des blakadap. Chaque coup de fouet sur les fesses d’un invité le transforme en âne. Toute cette belle compagnie de bourricots ne cherche qu’à fuir. On s’entrechoque, on se bouscule, on s’entrave dans un brouhaha cocasse.

Lorsque dans un colossal nuage de poussière tous les ânes ont disparu, le petit bonhomme et son père ont retrouvé, tapie dans un coin de la maison et tout penaud, un tout petit âne que ses toutes petites pattes ne lui avaient pas permis de fuir.

C’est ce tout petit âne-là qui a peuplé l’île de tous les ânes qui, depuis lors, portent les fardeaux des paysans à travers les mornes d’Haïti.

mercredi 21 juillet 2010

Balade dans les Mornes

Nous avons fait une très belle balade dans les Mornes : montagne en haïtien. Montagne vallonnée, qui semble peu habitée et malheureusement très déboisée. On trouve encore heureusement par endroit une grande variété d’arbres : bananier, roseau, manguier, avocatier, citronnier, oranger, goyavier, flamboyant, abricotier, cocotier, vétiver et le Mapou.

Le Mapou haïtien est un immense arbre à tronc et racines imposants. Il est aussi appelé le Géant de la Forêt. Pour les Haïtiens, le Mapou n'est pas comme les autres arbres. Aux racines de cet arbre se trouve très souvent une source d’eau. De nombreuses histoires et croyances tournent autour du Mapou. Par exemple, il ne faut surtout pas s'en approcher la nuit, au risque d'avoir des ennuis avec les esprits de passage ou habitant l'arbre. Les vieux faisaient croire aux enfants qu'il se passait parfois des rituels vaudouesques à l'intérieur même du tronc du Mapou. Tous les autres arbres obéissent au Mapou, c’est le Roi.

Nous croisons lors de cette promenade des hommes, femmes ou enfants avec des ânes : animal très utile dans les mornes car les distances sont longues pour arriver jusqu’à la ville et se ravitailler. Car il faut bien vous imaginer que dans les mornes, il n’y a ni eau ni électricité ni aucun petit magasin. C’est en tirant leurs ânes chargés de victuailles que les habitants remontent péniblement (mais toujours avec un sourire pour nous) la mauvaise route de terre qui grimpe dans les Mornes. L’autre animal présent sur notre route est le cabri. Sa viande est très consommée ici.

Le dimanche, en sortant de l’Eglise, et les jours de la semaine en sortant de l’école, les enfants filent chez eux se changer et partent chercher de l’eau : du plus petit au plus grand, tous sont de corvées d’eau tous les jours de l’année.

Nous avons voulu chercher un lieu un peu discret et surtout à l’abri des regards pour manger notre pique-nique. Quand l’endroit fût trouvé et qu’ils nous semblaient n’y avoir personne autour de nous, nous avons sorti notre repas sommaire. Et là, en cinq minutes des dizaines d’yeux nous observaient. Pour la plupart, des enfants qui n’avaient jamais vu de blancs !

En regardant nos photos sur le lien suivant, vous verrez l’habitat simple, les traits tirés des vieillards mais toujours souriants et humbles, le paysage typique des Mornes et le Mapou que vous reconnaitrez.

http://picasaweb.google.fr/107992730340357107736/LesMornes?authkey=Gv1sRgCOiDtu2z89zUlAE#

lundi 19 juillet 2010

Parus dans La Provence

Notre nouveau petit neveu, Clément 3 mois aujourd'hui , est devenu notre premier fan.
Merci à Philippe Larue pour son article.
A bientôt

dimanche 20 juin 2010

La coupe du monde de football: l'opium du peuple!


La coupe du monde de football était très attendue en Haïti et pourtant, Haïti ne fait pas partie de la sélection. Ce n’est pas grave, il y a le Brésil et l’Argentine. Les fans brésiliens ou argentins connaissent les noms de tous les joueurs de ces pays.

C’est la fête pour Haïti : tout le monde s’équipe de son téléviseur, on achète de la peinture jaune, verte ou blanche et bleu suivant son camp et en avant les pinceaux. Les murs sont redécorés des drapeaux brésiliens et argentins, des guirlandes de bouteilles en plastique repeintes elles aussi avec ses mêmes couleurs décorent les rues du pays. On peut acheter son bandeau, son tee-shirt portant les noms de Kaka, Robinho ou Messi entres autres, son paréo avec son drapeau fétiche. Des drapeaux flottent sur les motos, les voitures, les tap-tap et les camions. Et toujours, les mêmes questions : tu es fanatique du Brésil ou de l’Argentine ?

Hommes, femmes, enfants, vendeuses de fruits, chauffeurs de tap-tap, banquiers… rares sont ceux qui sont indifférents à cette coupe du monde.

C’est avec nos gardiens qui ont installé leur petit écran de télévision dans le jardin que nous suivons les matchs qui passent pour nous à 6h30, 9h00 et 13h30. J’ai assisté à quelques matchs et ce qui m’amuse beaucoup ce sont les commentaires. Les présentateurs ne s’arrêtent pas une seconde de parler et quand ils ont rien à dire ils font une annonce de publicité ! Le débit de parole est assez impressionnant et les problèmes, problèmes, problèmes répétés un grand nombre de fois durant un match, « les pa gèn problem » répétés aussi de multiples fois, bouboule bouboule quand le jeux est beau, ainsi que goalllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll à rallonge sont très drôles !

Les petites équipent locales de foot ont des noms bien originaux comme par exemple: « tremblement de terre » contre « tsunami », « goudougoudou » (qui veut dire tremblement de terre) contre « sous les décombres » ! Ils ont aussi donné ce type de noms à des joueurs de la coupe du monde.

Vraiment, les Haitiens adorent le football. Il parait qu’avant c’était le sport-roi. J’espère qu’un jour ils auront leur propre équipe à soutenir !

Quelques photos: http://picasaweb.google.fr/107992730340357107736/CoupeDuMondeDeFootball?authkey=Gv1sRgCLjJmaL1udLc2QE#

Et un petit film après le premier match gagné par le Brésil.


samedi 19 juin 2010

Une institution en Haiti: le combat de coq

Nous avons eu la possibilité d'aller dans une gaguère: arène où se déroule les combats de coq.
Cette petite arène d'environ 2m50 de diamètre est faite de tôle et de bois. Un petit banc de béton entoure l'arène. Sur ce banc sont assis des vieillards et hommes plus jeunes avec sur leur genoux ou calés sous leur bras un beau coq qui a la tête cachée sous une chaussette. Les hommes sont en majorités des paysans qui ont sorti leur plus bel chemise ou veste pour l'occasion.
Le public est entièrement composé d'hommes debout ou assis sur la barrière de bois derrière le banc.

Les propriétaires de coq se regardent, se jaugent, se jugent, discutent, se font des signes, avancent leur coq l'un vers l'autre. Puis il y en a un qui se lance, propose son coq à un autre, le soupèse pour voir si les poids correspondent et on enlève la chaussette et on présente les deux coqs l'un à l'autre: leurs coqs sont-ils assez hargneux, le combat va-t-il être équitable? A ce stade le coq est toujours tenu par un lacet attaché à sa patte. Non, ça ne sera pas le bon. Après une bonne heure de discussion, de tests, deux coqs se sont enfin choisis pour combattre. Mais, maintenant il faut discuter argent!
L'accord financier conclut, chaque propriétaire prépare son coq. La préparation consiste à aiguiser les griffes du coq à l'aide d'un cutter, plumer les cuisses, rafraichir le coq en lui crachant de l'eau sous les plumes. Les coqs sont enfin prêts, on peut leur retirer chaussette et lacet! Pendant ce temps de préparation, nous pouvons parier. Pour les paris, je n'ai pas tout compris: de l'argent circule, aucun papier n'est donné, je ne sais pas comment ils font pour savoir qui a donné et combien!

Au centre de l'arène, le combat s'est engagé, les spectateurs parient sur les adversaires durant tout le combat: de gros billets s'agitent de tout côté. L'assistance est surexcitée. Les cris de joie, d'encouragements et de désespoir fusent de tout côté. Un coq a vite le dessus. Les spectateurs crient "Ah" en se levant à chaque fois qu'il frappe son rival. Des plumes volent et du sang perle sous la crête du pauvre coq plus faible. Le temps du combat a été imposé à 30 minutes. Pour plus de simplicité l'horloge qui affichait 16h38 sera reculé à 16h30! Après plusieurs minutes, un coq semble prêt à jeter l'éponge, il voudrait bien sortir de l'arène, il parait que ça arrive. Les coups de bec et de griffes continuent de plus belle. J'avoue que je ne savais plus qui était le coq de tel propriétaire. Finalement, le malheureux coq qui a déjà perdu un oeil, se retrouve couché par terre. Le propriétaire du plus fort crie victoire, mais non, ce n'est pas fini, il se relève. Mais finalement après encore quelques minutes et six minutes avant la fin, son propriétaire déclare forfait. Les combats sont apparemment rarement mortels.
L'euphorie des gens faisait plaisir à voir! Pour les personnes de la campagne, rares sont les moments de divertissement.

PS: je n'ai pas eu le droit de faire des photos: une personne de l'assemblée m'a fait signe que non quand j'ai sorti mon appareil. Etant la seule fille tolérée dans l'assemblée, je n'ai pas bronché!

dimanche 13 juin 2010

Cocoyer Beach


Même si ça peut choquer certaines personnes qu’un humanitaire fasse du tourisme, nous nous trouvons que c’est aussi mieux connaitre un peuple et un pays que de voir tout ce qu’il propose. Et cette journée, c’était une magnifique plage de sable blanc déserte !

Déserte car l’accès n’est pas simple. Depuis Petit-Goâve, il faut faire 40 minutes de voiture dont 20 bonnes minutes de chemin cahoteux accessible uniquement par 4X4. Puis après il faut encore faire trois quart d’heure de chemin à pied : belle descente avec la vue sur les eaux turquoises ! L’autre possibilité est de venir en bateau. Le seul hic a été que l’accueil fut un peu brutal, pour nous, européens pas habitués à payer pour aller à la plage. En effet, les haïtiens habitants les lieux nous ont demandé 10 dollars américains par personne en justifiant qu’ils ont nettoyé la plage. Certes la plage était propre mais ce n’est pas trop difficile étant donné qu’il n’y a personne pour jeter des déchets. Après quelques minutes de négociation car nous n’avions pas cette somme sur nous et ne voulions pas payer autant, Sébastien avec son sens pratique et sa faculté de discuter même en créole, a réussi à négocier notre après midi de plage à 50 gourdes par personne (1 euro). Tout le monde était content et nous avons pu nous rafraichir dans cette magnifique eau turquoise dont vous pouvez admirer les photos en cliquant sur le lien ci-après:

http://picasaweb.google.fr/107992730340357107736/CocoyerBeach?authkey=Gv1sRgCOGZq7CBq42New#

Pour la petite histoire, cette plage était fréquentée par la jet-set dans les années 1970, du temps des Duvalier: Mick Jagger et les Rolling-stone entre autres auraient profité de la piscine dont on aperçoit les restes au bout de la plage.

La montée pour retourner à la voiture en fin de ce bel après midi fut très difficile pour moi, plus du tout habituée à marcher ! C'est un inconvénient d'humanitaire: d'avoir une voiture avec un chauffeur qui nous pose devant la porte!

Après cette belle journée et la beauté des paysages, nous ne pouvons qu'attaquer une nouvelle semaine de manière zen!

mardi 8 juin 2010

Les fruits haitiens


Nous avons la chance de manger en Haiti une grande variété de fruits. Je vais vous en faire une petite description, pour le goût ça va être difficile par écrit mais peut-être un jour qui sait cela se fera!
Tout d'abord, celui qui je préfère, le fruit de la passion ou grenadia. Fruit jaune à l'extérieur et à chair rouge jaunâtre renfermant de nombreux pépins. Il se mange soit tout simplement à la petite cuillère soit en jus. Ici, il rajoute du sucre, d'après moi ce n'est pas nécessaire.
La mangue ou mango, arbre immense à beau feuillage. Nous avons la chance d'en avoir autour de chez nous. Les enfants de mon quartier m'en offrent presque tous les jours! La mangue se mange soit tout simplement à pleines dents (si elles sont fibreuses nous en avons beaucoup entre les dents!), soit en confiture ou compote ou le meilleur en jus avec un peu de citron. Il existe de nombreuses variétés de mangues. Pour l'instant, j'ai vu la Ti Clo et la dame blanche.
L'ananas qui se mange frais, en jus ou confiture. Il y a des petits ananas et des plus gros. Wesner, un chauffeur, m'en offre régulièrement. Depuis le début de la saison nous en avons quasiment un par jour.
L'abricot, bien différent du nôtre, sauf par sa chair. C'est un fruit de la taille du melon, à peau brune. Il possède plusieurs noyaux. On enlève la peau puis une seconde peau plus fine qui soit disant donnerait mal au ventre si on la mangeait. La chair, orange vive, est tendre et a peut-être un peu le goût de notre abricot mais en moins bon.
L'arbre à pain (photo) aussi appelé l'arbre véritable, est consommé en Haiti, grillé, frit, bouilli, en purée, en jus après avoir été bouilli ou comme un des éléments des bouillons haïtiens.
Le succulent avocat que tout le monde connait mais ici, miam, la chair est si tendre, si savoureuse!
La cerise, également différente en goût, de celle que nous connaissons. C'est un petit fruit charnu à la peau rouge, oranger que l'on déguste surtout en jus. En goût, c'est plus proche de la fraise. J'ai voulu en faire un clafoutis mais c'était pénible à manger car cette cerise possède trois petits noyaux.
Le chadèque ou pamplemousse, nous n'en trouvons plus actuellement; dommage, les jus sont exquis et bien rafraichissants!
La goyave que nous trouvons aussi dans notre jardin est un petit fruit à peau verte, jaune. On la coupe en deux et on la mange à la cuillère. La chair est rose pâle ou blanche avec pleins de petites graines consommables. On trouve aussi du jus de goyave.
La grenadine gros fruit jaune, vert. On en mange la chair. On en fait également du jus avec la chair et avec l'intérieur du noyau qui contient une chair charnue autour de nombreux petits noyaux. Il suffit de mettre un peu d'eau sur cette chair et au dessus d'une passoire de gratter les noyaux pour en extraire tout le jus.
Le melon d'eau ou pastèque, c'est juste le début de la saison.
La noix de coco, fruit le plus dangereux, qui pousse en régime de 15 à 20. Gros fruit de forme ovale, recouvert d'une épaisse écorce brillante vert pâle. Un trou dans cette écorce et nous buvons un liquide clair appelé "eau de coco". On peut aussi en manger sa chair telle quelle.
La coco est très utilisée ici surtout la chair pressée avec de l'eau pour en faire sortir le lait.
La papaye, fruit généralement peu appréciée par les européens. Je l'aime bien en salade de fruits quand elle n'est pas trop mûre. Fruit à chair juteuse de couleur jaune.
L'orange, celle un peu acide, à peau plissé, sert pour faire mariner la viande avec de l'utiliser.
La banane appelée ici figue pour la différencier de la banane plantain que l'on mange frit.
Le corrosol est un gros fruit vert en forme de corne. Sa chair qui entoure de nombreuses graines, ressemble à une crème blanche. C'est délicieux. Nous l'apprécions beaucoup au petit déjeuner, en jus bien frais avec du lait concentré!
Le citron, petit et vert, est comme l'orange surtout utiliser comme acidifiant pour la préparation des plats. Mais aussi, en jus, c'est très désaltérant.
Le cachiman ou pomme cannelle, est un petit fruit délicat qui doit se cueillir mûr et qui se gâte (comme ils disent ici) tout de suite, s'il n'est pas consommé. Comme le corrosol, il renferme autour de ses graines une espèce de crème blanchâtre.

Et merci à notre chère cuisinière, Ketsia, qui nous régale de ses jus variés!







jeudi 27 mai 2010

L'importance pour les haïtiens d'unir leur force à celle de Dieu



Pendant, un trajet de Petit-Goâve à Port au Prince: 65 km environ 2h30, je me suis amusée à relever tous les noms donnés aux camions, bus, voitures de transport collectif appelées taptap et autres engins à quatre roues.

La liste est longue, parfois redondante et non exhaustive:
Merci Christ, Grandeur de Dieu, La familia, Fidélité, La foi en Christ, Voici l'amitié, Dieu Tout Puissant, Merci Seigneur, Esperencia, Belle Mamie Rose, Grâce divine, Volonté de Dieu, Messager du Grand Roi, Grâce à Dieu, Merci Jésus, Tout à Jésus, Dieu Ami Délice, Dieu protège, L'Eternel est mon berger, La Bonté, Merci à la Sainte Vierge, Qui a Jésus a tout, Sagesse, Jehova, St Yves...
Les croyances diverses sont bien ancrées ici. Les chiffres disent que 80 % des Haïtiens sont catholiques, et beaucoup participent en même temps au culte vaudou (ou vodou). Mais on note aussi un progrès du protestantisme. Les ONG évangélique américaine sont aussi nombreuses en Haiti et il suffit d’arpenter les villes de province et de lire les panneaux de remerciements pour se rendre compte du nombre important d’Eglises financées par des communautés ou organisations humanitaires des Etat-Unis, comme World Vision ou Samaritan’s Purse.


Quand on se donne un rendez vous, ici on dit: à mardi si Dieu veut!

Donc à bientôt pour d'autres articles, si Dieu veut!




mardi 25 mai 2010

Et que fait Laure pendant que Seb répare ses fuites?


Et que fait Laure, pendant que son très cher époux travail? Non, je ne vais pas à la plage tous les jours, même si l'envie ne manque pas!

J'ai trouvé une grosse école tenue par des religieuses haïtiennes uniquement de filles allant de la maternelle à la 3ème (ici de la 1ère année fondamentale à la 9ème). Les religieuses donnent peu de cours: français, catéchèse, éducation civique et de bonne tenue car elles s'occupent surtout du côté administratifs, gestions... Il y a également une petite école de couture et avant le séisme de cuisine. Il y avait plus de 600 élèves qui avaient leur salle de classe dans un grand bâtiment d'un étage.
Le bâtiment où vivent les soeurs ( elles sont 3 à 4, c'est une petite communauté), c'est énormément fissuré, il tient encore debout mais il faudrait rapidement le casser. Par contre, le bâtiment des salles de classes n'est pas abimé (étonnant car c'est le même type de construction) mais les élèves (et je les comprends), ne veulent plus y rentrer. Il a donc fallu mettre toutes les classes dans la cours de l'école. A cause du soleil et des pluies qui arrivent, une ong américaine a construit plusieurs structures en fer avec les toits en tôles et les parois en bois pour faire nos salles de classes. C'est très bien sauf que quand il pleut ou quand la classe d'à côté chante à tue tête ce n'est pas très audible.

Pour ma part, je donne donc des cours de français (surtout à l'oral) et de biologie à trois classes de collèges. C'est intéressant, d'autant plus que je trouve que les élèves ont un niveau très correct.
L'école commence à 6h du matin (pour les collégiens, 8h pour les primaires) jusqu'à 13h avec une pause récréation de 30 minutes, où les élèves peuvent aller s'acheter des sucreries: sucettes, gâteaux, bonbons, beignets, bananes séchées, chips... et des boissons: deux, trois vendeurs ont l'autorisation de vendre cela dans la cours ainsi que les religieuses.

Deux fois par semaine, je prends des cours de couture avec une religieuse. Comme, je sais déjà un peu coudre, elle m'apprends à faire des patrons. C'est très scolaire, c'est amusant!

Et puis, j'ai aussi les enfants de mon quartier qui viennent me parler, ils crient Laure à travers les barreaux de notre clôture et me demandent des surettes (bonbons). Je joue parfois aussi avec eux au ballon, ils aiment bien ça et n'en ont pas alors on leur en prête.

Je coach aussi un peu la cuisinière. Je l'aide à faire les menus de la semaine, les courses de marché le lundi matin et on fait quelques plats ensemble: cuisine mi française, mi haïtienne! Elle va m'apprendre cette semaine le maïs bonne femme!

Voilà pour mes activités du moment!




Protection de l’adduction dans les mornes



L’adduction, en fonte grise de 8 pouces (20 cm environ) datant de 1928, est menacée ponctuellement par l’érosion des sols et l’érosion de la rivière Les Vignes. Quatre points sensibles ont fait l’objet d’un renforcement par gabionnage totalisant 200 à 300 m3 de gabions.

La photo ci dessus présente la zone d’éboulement post séisme : la conduite blanche (PVC) est une réparation de la fonte (noire) emportée par les glissements de terrains le 12/01/2010. Par ailleurs, le méandre de rivière érode les sols sous la conduite, ce qui menace sérieusement sa stabilité.

Pendant les réparations : plus de 100 m3 de gabions (murs de pierre enveloppés dans un cube de grillage acier) ont été posé pour protéger la conduite à ce point pour stopper l’érosion de la rivière et le lessivage des sols de la colline. A ce stade, un géotextile est en attente de pose avant de combler le fossé et réenterrer la conduite pour la protéger.

Pour les zones trop instables à forte pente, une protection par murets grillagés renforcés de pieux est prévue pour la conservation du sol en aval de la conduite. 300 mètres linéaires sont prévus à terme (chantier à venir, pas de photos). Cliquez sur le lien suivant pour voir les photos du gabionnage (en attendant de réussir à mettre les photos directement sur notre blog!):

http://picasaweb.google.fr/107992730340357107736/LeGabionnage?authkey=Gv1sRgCMPjg5irt_jxXQ#


lundi 24 mai 2010

Réparation des fuites visibles et non visibles


En zone urbaine, le séisme a provoqué de sérieuses fuites soit par déboitement des fontes, soit par casse des PVC et galvanisé souvent au niveau des branchements d’abonnés. Par ailleurs, de nombreux branchements desservant des habitations détruites ont dû être supprimés. Environ 70 fuites visibles ont ainsi été réparées, ce qui totalise environ 50 m3/h estimé. Des manchons pour fontes à très grande tolérance ont été utilisés ainsi que le matériel de plomberie usuel pour reconnecter les branchements privés.

Aujourd’hui, le réseau est remonté en pression et est redevenu fonctionnel. Dans deux zones, l’ensablement de conduites PVC nous guide vers un remplacement complet du linéaire qui sera opéré au cours des travaux de réhabilitation. Quelques fuites visibles non significatives subsistent, la campagne de recherche de fuites est attendue pour définir les actions à mener.

En juin, une équipe de Veolia viendra faire une campagne de recherche de fuites pour détecter les fuites non visibles. Les tronçons du réseau présentant trop de fuites seront changés, les autres verront leurs fuites réparées.

Pour regarder les photos cliquez sur le lien suivant:

http://picasaweb.google.fr/107992730340357107736/TravauxSebastienPetitGoave?authkey=Gv1sRgCIXkqKuY0Ky7PQ#

Etude de projet

L’étude de projet de réhabilitation, modernisation et extension du réseau a commencé :

- les plans fonctionnels du réseau actuel ont été tracés.

- les levés topographiques sur l’ensemble des points clefs de la zone ont été réalisés.

- une cartographie des abonnés actuels et futurs est en cours. Une enquête se termine pour identifier, par quartier et par tronçon hydraulique, le nombre d’abonnés aujourd’hui connectés, ainsi que le nombre d’abonnés potentiels (clients intéressés par un branchement et ayant la capacité financière adaptée). Pour cela, deux enquêteurs ont sillonné, rue par rue, la zone urbaine que peut desservir le réseau du SNEP en fonctionnement gravitaire.

Cette étude servira pour le dimensionnement des futures infrastructures mais constituera aussi la matrice d’une base de données d’un fichier client, qui sera enrichi au fur et à mesure de la reprise du service. Cette base de données servira pour le service administratif (gestion clientèle, suivi facturation…) et pour le service technique (coupure des branchements illégaux, localisation des branchements pour intervention…)

- une étude expérimentale en attente sera lancée lorsque les compteurs (arrivage d’Europe) seront livrés. Cette étude consiste à mesurer les consommations d’une centaine de clients types, répartis par quartier, par étage de pression, par tour d’eau et par niveau économique. Elle permettra de quantifier les consommations et de préciser les habitudes de consommations de différents types d’abonnés. De plus, elle permettra de voir les réactions des abonnés face à la modernisation des branchements (mise en place de compteur, passage du paiement en forfait au paiement au volume d’eau consommé). Aujourd’hui, les abonnés payent au forfait (environ 4 € par mois) quelque soit leur consommation, ce qui induit de fort gaspillage, les gens laissant couler l’eau (environ 60 à 90 % de l’eau d’un abonné part directement au caniveau). Les abonnés sont souvent paresseux pour faire les gestes d’économie et prétextent qu’ils payent et donc peuvent faire ce qu’ils veulent. Pour cela, une nouvelle loi sur l’eau oblige aujourd’hui les réseaux d’eau payants à facturer au volume d’eau (et donc à installer des compteurs individuels).

Les deux études ci-dessus serviront de bases chiffrées pour le dimensionnement technique des futures infrastructures. Ces études se basent notamment sur des logiciels de dimensionnement hydrauliques de réseau.

dimanche 23 mai 2010

Projet de Sébastien


Je travaille pour la Croix Rouge Française en tant que chef de projet, pour l’instant jusqu’à la fin de l’année, pour un programme de réhabilitation du réseau d’eau potable de la ville de Petit Goave qui devrait durer entre un et deux ans.

Petit Goâve était équipé d’un réseau d’eau construit en 1928 durant l’occupation américaine (et oui, l’une des tentatives de colonisations tardives des américains avant que ca ne passe de mode). Le travail a été superbement fait : le dimensionnement du réseau (largement surdimensionné), la pause et surtout la résistance des matériaux en fonte grise d’époque dont les épaisseurs hors norme nous posent des problèmes pour adapter de nouveaux tuyaux. Ce réseau de 82 ans était au 11 janvier 2010 encore pleinement fonctionnel et suffisamment dimensionné pour alimenter la population de la ville qui a multiplié par dix depuis.

Suite au séisme du 12 janvier 2010, la Croix Rouge Française a étendu ses activités d’urgence dans la commune de Petit Goâve (120 000 hab., dont 50 000 à 70 000 alimentés par le réseau). Face aux destructions observées sur le réseau d’eau de la zone urbaine, une remise en état de celui-ci a été privilégiée pour palier à terme au départ des ONG qui organisent la distribution d’eau traitée. Ainsi un travail de collaboration étroit est en cours entre le SNEP (Syndicat National de l’Eau Potable) et la CRF afin de réaliser un projet en deux phases :

- réparations d’urgence : pour permettre à l’eau de couler et alimenter ainsi la ville en eau et pour permettre au gestionnaire de redémarrer son activité d’exploitation.

- réhabilitation, extension et modernisation du réseau, afin de mettre en conformité celui-ci avec la réglementation haïtienne et doter la zone urbaine de Petit Goâve d’un système d’alimentation en eau potable performant.

ü Evaluation d’urgence.

La Croix Rouge Française a réalisé, avec son partenaire la Fondation Veolia, un diagnostic de l’état du réseau en mars 2010. Deux experts Veolia et un spécialiste CRF ont audité le réseau. Puis ils ont dégagés les grandes lignes des actions à mener pour remettre rapidement en état de fonctionnement le réseau d’une part, et pour réhabiliter, moderniser l’ensemble du système de distribution d’eau d’autre part.

Par ailleurs une étude topographique a déterminé les cotes des points clefs du réseau. Une cartographie du réseau existant a été tracée sur plan avec un fond de plan Google Earth.

ü Réhabilitation d’urgence : deux actions sont menées depuis mars.

o Protection de l’adduction dans les mornes (détail dans un prochain article)

o Réparation des fuites visibles (détail dans un prochain article).