samedi 31 juillet 2010

Recette de Coquillolles


Voici une recette assez simple à faire et vraiment délicieuse de petits biscuits appelés coquillolles, que nous fait régulièrement Ketsia. Les quantités ne sont peut-être pas très précises car Ketsia fait un peu à l'oeil.
Pour une dizaine de petits gâteaux:
  • 3 tasses de farine
  • une demie cuillère à café de levure
  • 2 cuillère à café de sucre
  • environ 25 g de beurre
  • 1 jaune d'oeuf
  • une demi banane
  • un peu de lait
  • cannelle et anis étoilé (environ une cuillère à café), noix de muscade
  • une pincée de sel
Ici nous achetons la cannelle et l'anis en entier. Donc il faut les faire griller avant de les piller (soit disant c'est plus facile).
Mélangez tous les ingrédients, vous obtenez une pâte. Étalez cette pâte et faites des ronds de la taille d'un verre, puis un autre petit rond au milieu de ce premier rond de la taille d'un culot de bouteille.
Faites cuire ces petits gâteaux soit au four soit dans l'huile; cette dernière est la solution préférée des haïtiens.
Saupoudrez de sucre.
Bon appétit!



samedi 24 juillet 2010

« Comment les ânes apparurent en Haïti »


Voici un conte haïtien

Le matin des noces de son père, un petit bout d’homme, pas plus haut que trois sapotilles, son balai de latanier à la main « propretait » le devant de sa chaumière ainsi que sa cour.

Un esprit surnaturel vient soudain se loger dans sa tête et lui dit que la future épouse qui a l’apparence trompeuse d’une femme fort belle est, en vérité, une ânesse. Pour en avoir la preuve il lui conseille de lui astiquer les fesses avec un nerf de bœuf pour qu’elle rue et retrouve sa vraie nature.

C’était une bien terrible révélation pour un petit bonhomme pas plus haut que trois citrons verts qui ne trouve rien d’autre à faire que de chanter tout en balayant: – M ap propte o! Men pouki m ap propte? Je nettoie o! Mais à quoi me sert-il de nettoyer?

Il est bien tenter d’en parler à son père, et peut-être même lui en a-t-il glissé deux mots, peine perdue, le père est devenu un morceau de sucre qui fond sous la langue de sa promise. – M ap propte o! Men pouki m ap propte? continue de chanter le petit bonhomme pas plus haut que trois cirueles qui a subtilisé le nerf de bœuf de son père et l’a caché sous sa vareuse.

Au moment des réjouissances, les invités de la future épouse envahissent la cour et la maison; ils sont plus nombreux que ceux du futur marié. Ils boivent, ils mangent, ils rient comme des baudets. C’est alors que le petit bonhomme pas plus haut que trois pois tendres, se place derrière la mariée et lui astique les fesses, vloup, avec le nerf de bœuf.

Blakadap, instantanément la mariée rue des quatre pattes. Campé bravement au milieu des invités, le petit bonhomme devenu grand comme un mapou fromager, lance, avec autorité, des coups de fouets sur les côtés, devant, derrière, en haut , en bas, vloup, vlap, vlip!

La réception se transforme en écurie avec des braiments, des hennissements, des hi-hans, des blakadap. Chaque coup de fouet sur les fesses d’un invité le transforme en âne. Toute cette belle compagnie de bourricots ne cherche qu’à fuir. On s’entrechoque, on se bouscule, on s’entrave dans un brouhaha cocasse.

Lorsque dans un colossal nuage de poussière tous les ânes ont disparu, le petit bonhomme et son père ont retrouvé, tapie dans un coin de la maison et tout penaud, un tout petit âne que ses toutes petites pattes ne lui avaient pas permis de fuir.

C’est ce tout petit âne-là qui a peuplé l’île de tous les ânes qui, depuis lors, portent les fardeaux des paysans à travers les mornes d’Haïti.

mercredi 21 juillet 2010

Balade dans les Mornes

Nous avons fait une très belle balade dans les Mornes : montagne en haïtien. Montagne vallonnée, qui semble peu habitée et malheureusement très déboisée. On trouve encore heureusement par endroit une grande variété d’arbres : bananier, roseau, manguier, avocatier, citronnier, oranger, goyavier, flamboyant, abricotier, cocotier, vétiver et le Mapou.

Le Mapou haïtien est un immense arbre à tronc et racines imposants. Il est aussi appelé le Géant de la Forêt. Pour les Haïtiens, le Mapou n'est pas comme les autres arbres. Aux racines de cet arbre se trouve très souvent une source d’eau. De nombreuses histoires et croyances tournent autour du Mapou. Par exemple, il ne faut surtout pas s'en approcher la nuit, au risque d'avoir des ennuis avec les esprits de passage ou habitant l'arbre. Les vieux faisaient croire aux enfants qu'il se passait parfois des rituels vaudouesques à l'intérieur même du tronc du Mapou. Tous les autres arbres obéissent au Mapou, c’est le Roi.

Nous croisons lors de cette promenade des hommes, femmes ou enfants avec des ânes : animal très utile dans les mornes car les distances sont longues pour arriver jusqu’à la ville et se ravitailler. Car il faut bien vous imaginer que dans les mornes, il n’y a ni eau ni électricité ni aucun petit magasin. C’est en tirant leurs ânes chargés de victuailles que les habitants remontent péniblement (mais toujours avec un sourire pour nous) la mauvaise route de terre qui grimpe dans les Mornes. L’autre animal présent sur notre route est le cabri. Sa viande est très consommée ici.

Le dimanche, en sortant de l’Eglise, et les jours de la semaine en sortant de l’école, les enfants filent chez eux se changer et partent chercher de l’eau : du plus petit au plus grand, tous sont de corvées d’eau tous les jours de l’année.

Nous avons voulu chercher un lieu un peu discret et surtout à l’abri des regards pour manger notre pique-nique. Quand l’endroit fût trouvé et qu’ils nous semblaient n’y avoir personne autour de nous, nous avons sorti notre repas sommaire. Et là, en cinq minutes des dizaines d’yeux nous observaient. Pour la plupart, des enfants qui n’avaient jamais vu de blancs !

En regardant nos photos sur le lien suivant, vous verrez l’habitat simple, les traits tirés des vieillards mais toujours souriants et humbles, le paysage typique des Mornes et le Mapou que vous reconnaitrez.

http://picasaweb.google.fr/107992730340357107736/LesMornes?authkey=Gv1sRgCOiDtu2z89zUlAE#

lundi 19 juillet 2010

Parus dans La Provence

Notre nouveau petit neveu, Clément 3 mois aujourd'hui , est devenu notre premier fan.
Merci à Philippe Larue pour son article.
A bientôt