jeudi 27 mai 2010
L'importance pour les haïtiens d'unir leur force à celle de Dieu
mardi 25 mai 2010
Et que fait Laure pendant que Seb répare ses fuites?
Protection de l’adduction dans les mornes
L’adduction, en fonte grise de 8 pouces (20 cm environ) datant de 1928, est menacée ponctuellement par l’érosion des sols et l’érosion de la rivière Les Vignes. Quatre points sensibles ont fait l’objet d’un renforcement par gabionnage totalisant 200 à 300 m3 de gabions.
La photo ci dessus présente la zone d’éboulement post séisme : la conduite blanche (PVC) est une réparation de la fonte (noire) emportée par les glissements de terrains le 12/01/2010. Par ailleurs, le méandre de rivière érode les sols sous la conduite, ce qui menace sérieusement sa stabilité.
Pendant les réparations : plus de 100 m3 de gabions (murs de pierre enveloppés dans un cube de grillage acier) ont été posé pour protéger la conduite à ce point pour stopper l’érosion de la rivière et le lessivage des sols de la colline. A ce stade, un géotextile est en attente de pose avant de combler le fossé et réenterrer la conduite pour la protéger.
Pour les zones trop instables à forte pente, une protection par murets grillagés renforcés de pieux est prévue pour la conservation du sol en aval de la conduite. 300 mètres linéaires sont prévus à terme (chantier à venir, pas de photos). Cliquez sur le lien suivant pour voir les photos du gabionnage (en attendant de réussir à mettre les photos directement sur notre blog!):
http://picasaweb.google.fr/107992730340357107736/LeGabionnage?authkey=Gv1sRgCMPjg5irt_jxXQ#
lundi 24 mai 2010
Réparation des fuites visibles et non visibles
En zone urbaine, le séisme a provoqué de sérieuses fuites soit par déboitement des fontes, soit par casse des PVC et galvanisé souvent au niveau des branchements d’abonnés. Par ailleurs, de nombreux branchements desservant des habitations détruites ont dû être supprimés. Environ 70 fuites visibles ont ainsi été réparées, ce qui totalise environ 50 m3/h estimé. Des manchons pour fontes à très grande tolérance ont été utilisés ainsi que le matériel de plomberie usuel pour reconnecter les branchements privés.
Aujourd’hui, le réseau est remonté en pression et est redevenu fonctionnel. Dans deux zones, l’ensablement de conduites PVC nous guide vers un remplacement complet du linéaire qui sera opéré au cours des travaux de réhabilitation. Quelques fuites visibles non significatives subsistent, la campagne de recherche de fuites est attendue pour définir les actions à mener.
En juin, une équipe de Veolia viendra faire une campagne de recherche de fuites pour détecter les fuites non visibles. Les tronçons du réseau présentant trop de fuites seront changés, les autres verront leurs fuites réparées.
Pour regarder les photos cliquez sur le lien suivant:
Etude de projet
L’étude de projet de réhabilitation, modernisation et extension du réseau a commencé :
- les plans fonctionnels du réseau actuel ont été tracés.
- les levés topographiques sur l’ensemble des points clefs de la zone ont été réalisés.
- une cartographie des abonnés actuels et futurs est en cours. Une enquête se termine pour identifier, par quartier et par tronçon hydraulique, le nombre d’abonnés aujourd’hui connectés, ainsi que le nombre d’abonnés potentiels (clients intéressés par un branchement et ayant la capacité financière adaptée). Pour cela, deux enquêteurs ont sillonné, rue par rue, la zone urbaine que peut desservir le réseau du SNEP en fonctionnement gravitaire.
Cette étude servira pour le dimensionnement des futures infrastructures mais constituera aussi la matrice d’une base de données d’un fichier client, qui sera enrichi au fur et à mesure de la reprise du service. Cette base de données servira pour le service administratif (gestion clientèle, suivi facturation…) et pour le service technique (coupure des branchements illégaux, localisation des branchements pour intervention…)
- une étude expérimentale en attente sera lancée lorsque les compteurs (arrivage d’Europe) seront livrés. Cette étude consiste à mesurer les consommations d’une centaine de clients types, répartis par quartier, par étage de pression, par tour d’eau et par niveau économique. Elle permettra de quantifier les consommations et de préciser les habitudes de consommations de différents types d’abonnés. De plus, elle permettra de voir les réactions des abonnés face à la modernisation des branchements (mise en place de compteur, passage du paiement en forfait au paiement au volume d’eau consommé). Aujourd’hui, les abonnés payent au forfait (environ 4 € par mois) quelque soit leur consommation, ce qui induit de fort gaspillage, les gens laissant couler l’eau (environ 60 à 90 % de l’eau d’un abonné part directement au caniveau). Les abonnés sont souvent paresseux pour faire les gestes d’économie et prétextent qu’ils payent et donc peuvent faire ce qu’ils veulent. Pour cela, une nouvelle loi sur l’eau oblige aujourd’hui les réseaux d’eau payants à facturer au volume d’eau (et donc à installer des compteurs individuels).
Les deux études ci-dessus serviront de bases chiffrées pour le dimensionnement technique des futures infrastructures. Ces études se basent notamment sur des logiciels de dimensionnement hydrauliques de réseau.
dimanche 23 mai 2010
Projet de Sébastien
Je travaille pour la Croix Rouge Française en tant que chef de projet, pour l’instant jusqu’à la fin de l’année, pour un programme de réhabilitation du réseau d’eau potable de la ville de Petit Goave qui devrait durer entre un et deux ans.
Petit Goâve était équipé d’un réseau d’eau construit en 1928 durant l’occupation américaine (et oui, l’une des tentatives de colonisations tardives des américains avant que ca ne passe de mode). Le travail a été superbement fait : le dimensionnement du réseau (largement surdimensionné), la pause et surtout la résistance des matériaux en fonte grise d’époque dont les épaisseurs hors norme nous posent des problèmes pour adapter de nouveaux tuyaux. Ce réseau de 82 ans était au 11 janvier 2010 encore pleinement fonctionnel et suffisamment dimensionné pour alimenter la population de la ville qui a multiplié par dix depuis.
Suite au séisme du 12 janvier 2010, la Croix Rouge Française a étendu ses activités d’urgence dans la commune de Petit Goâve (120 000 hab., dont 50 000 à 70 000 alimentés par le réseau). Face aux destructions observées sur le réseau d’eau de la zone urbaine, une remise en état de celui-ci a été privilégiée pour palier à terme au départ des ONG qui organisent la distribution d’eau traitée. Ainsi un travail de collaboration étroit est en cours entre le SNEP (Syndicat National de l’Eau Potable) et la CRF afin de réaliser un projet en deux phases :
- réparations d’urgence : pour permettre à l’eau de couler et alimenter ainsi la ville en eau et pour permettre au gestionnaire de redémarrer son activité d’exploitation.
- réhabilitation, extension et modernisation du réseau, afin de mettre en conformité celui-ci avec la réglementation haïtienne et doter la zone urbaine de Petit Goâve d’un système d’alimentation en eau potable performant.
ü Evaluation d’urgence.
La Croix Rouge Française a réalisé, avec son partenaire la Fondation Veolia, un diagnostic de l’état du réseau en mars 2010. Deux experts Veolia et un spécialiste CRF ont audité le réseau. Puis ils ont dégagés les grandes lignes des actions à mener pour remettre rapidement en état de fonctionnement le réseau d’une part, et pour réhabiliter, moderniser l’ensemble du système de distribution d’eau d’autre part.
Par ailleurs une étude topographique a déterminé les cotes des points clefs du réseau. Une cartographie du réseau existant a été tracée sur plan avec un fond de plan Google Earth.
ü Réhabilitation d’urgence : deux actions sont menées depuis mars.
o Protection de l’adduction dans les mornes (détail dans un prochain article)
o Réparation des fuites visibles (détail dans un prochain article).
Petit-Goâve vu par Seb
Petit Goave est une ville située à 80 km au sud ouest environ de la capitale Port au Prince. La commune comptait environ 120 000 personnes avant séisme, dont 40 000 à 80 000 en zone urbaine. Fondée en 1625, la ville est située dans une jolie baie du Golfe de la Gonave (mer située entre les deux bras d’Haiti). Ancien repère de flibustiers français, Petit Goave a été capitale de la jeune colonie française, avec son Acul qui permettait de mettre à l’abri les bateaux des tempêtes cycloniques et de cacher les trésors pris aux galions espagnols.
Petit Goâve est connue pour sa culture du café, du cacao, de la canne à sucre, du coton. C’est également une zone de pêche active. On peut voir sur les marchés notamment de très belles langoustes, des poissons lunes, des espadons, des barracudas (ou ce qui y ressemble) et pleins de poissons de corail dont les habitants.
Avant séisme c’était une ville magnifique. Entre les collines vertes (bien déboisées cela dit) et la mer (qui sert ici de décharge), la ville est bien tracée en carré et rues perpendiculaires. Beaucoup de voies sont couvertes avec des pavés autobloquants et on y rencontre deux types de jolies constructions :
- les anciennes demeurent coloniales : belle maisons en briques et bois, à colonnades souvent très travaillée, des toits à plusieurs pentes, de magnifiques terrasses et entourée de splendides jardins avec de belles essences (acajou, capoquier, manguier, ibiscus, bougainvilliers… et d’autres essences dont je ne connais pas le nom… et les haïtiens non plus d’ailleurs, quand on demande comment telle plante s’appelle, ils répondent : fleur, arbre, herbe (facile les cours de botanique créole)).
- et les stocks des anciens dockers, gros dépôts magnifiquement travaillés avec leur portes lourdes en ferronneries de plusieurs siècles, des murs épais en briques et charpente en bois ou en métal, le tout colorés de manière si gaie et variée comme savent le faire les haïtiens.
Malheureusement un grand nombre de ces bâtiments, souvent en briques, n’ont pas résisté. Tout comme le célèbre hôtel le « Relais de l’Empereur » où dans les belles années d’Haïti (1950-80) la jet set américaine et canadienne venait fêter les nuits avec drogue, filles et alcool sans média, ni peur de la Police (très fréquenté notamment des Rollings stone et star du genre). Ce vieil hôtel avait une décoration très riche d’objet rare exotique : peau d’animaux, poteries, tableaux, sculptures haïtiennes.