dimanche 3 juillet 2011

L'habitat haïtien



Il y a trois types d’habitat :

- l’habitat rural :

L’habitat rural qui peut être regroupé, il s’agit de petits villages appelé Bourg ou dispersé ce sont des habitations isolées dans la campagne. En milieu rural les ressources financières des habitants sont très précaires. Les principales activités sont l’agriculture et l’élevage. Ils souffrent de la déforestation. Ils n’ont pas accès à l’eau ni à l’électricité. Pour ce qui est de la santé, on trouve des dispensaires ou centre de santé.

Les matériaux de constructions sont précaires : le chaume de vétiver et l’enveloppe des feuilles de palmistes pour les moins riches et la plaque de tôle dont les tons, d’argent ou de rouille soulignent la richesse du propriétaire.

Les matériaux de constructions durables : le mortier de sable et la chaux sont traditionnellement réservés aux tombes, demeures définitives des ancêtres, tandis qu'à côté, les maisons, plus précaires, n'utilisent la chaux, blanche ou colorée, que comme enduit ou comme revêtement de l’aire de séchage.

En milieu rural, nous avons la maison appelée kay (prononcée caille) en terre, le taudis, l’ajoupas, la maison en dur recouvertes de tôle (plutôt en milieu semi-rural et urbain).

L’ajoupas : c’est le bâtiment type que l’on retrouve en milieu rural. La toiture de l’ajoupas est en chaume ou en branches de palmier. Les murs peuvent être en clissage et boussillage, en roches, en planches de palmiste, en planches ordinaires. L’ajoupas a comme ouverture des portes en planches à gonds et à crochets. Ce type de bâtiment est beaucoup plus spacieux que les “kay atè et taudis”. Il a souvent comme annexes une cuisine couverte, un colombier ou une soute. Le parquet est généralement en terre battue.

- l’habitat urbain

Il s’agit du logement familial isolé situé en centre-ville ou en banlieue ou le logement regroupés en appartement (pas encore trop fréquent) et les taudis des bidonvilles.

La maison est de plus en plus inaccessible aux familles car les terrains sont ville sont très chers, il n’y a pas de système de crédits, les matériaux de constructions sont très chers et parfois des familles achètent un terrain qui leur est repris car ce n’est pas le vrai propriétaire qui l’a vendu. Les familles construisent donc souvent leur maison petit à petit, c’est ainsi que l’on voit énormément de maisons non terminées et pas toujours construites selon les bonnes normes !

Ils existent quelques immeubles en capitale et autres grandes villes mais ce n’est pas encore très fréquent.

Actuellement, la ville est le domaine du ciment et du béton. Matériaux souple, résistant aux cyclones, à la fois isotherme et léger, le bois se prête à toutes les ornementations, surtout dans l'architecture de dentelle de bois. Longtemps interdit dans les villes à cause des incendies, il n'est plus guère utilisé, vu son prix et la rareté des ressources forestière de l'île.

En milieu semi-urbain et urbain on retrouve l’ajoupas recouvertes de tôle, la maison en dur recouvertes de tôles, la maison avec toiture en béton, les maisons anciennes (Gingerbread nom donné par des Américains dans les années 50 qui trouvaient que ses maisons ressemblaient au style Victorien, le nom initial de Dentelle de bois a ainsi disparu) et des appartements.

Vers 1895, trois Haïtiens se retrouvèrent en France pour faire des études d'architecture. Ils revinrent, imprégnés de l'architecture balnéaire telle qu'on peut encore la voir, principalement sur la côte normande ou à Arcachon. Elle se caractérisait par une volumétrie plutôt verticale, incluant bacons et galeries extérieures, par des éléments extérieurs de charpente très affirmés, par l'utilisation d'une ornementation en bois découpé.

Les plus belles habitations ont été construites avant l’avènement du béton armé. Des architectes partis étudiés à Paris ont rapporté l’art d’utiliser la brique en terre cuite et le bois découpé.

L’appareillage en métal concerne une architecture principalement commerciale : marchés, églises, entrepôts surtout pour se protéger contre les incendies.

Volets des boutiques, planches de bardage, balcons, balustrades, tout est prétexte à un déploiement fascinant de couleur.

En 1986, à la chute de Jean-Claude Duvalier, on a vu peindre en quelques jours les pierres et les maisons, les poteaux électriques, les troncs des palmiers de bleu et de rouge, couleurs traditionnelles du drapeau haïtien, ainsi que des tons les plus lumineux qui signifiaient alors l'immense espoir de tout un peuple. Aujourd’hui c’est en blanc et rose couleur du partis du nouveau président Michel Martelly que les troncs des arbres et façades sont peintes.


- l’habitat des bidonvilles

La construction de bidonville est une réponse à une demande de logement insatisfaite. Ce n’est pas un phénomène provisoire. Les maisons des bidonvilles sont souvent en durs.

Les moindres parcelles de terrain privé ou de l’Etat libres sont investies par des familles venant souvent de la campagne et qui espèrent trouver du travail en ville.


Depuis le séisme du 12 janvier 2010, nous voyons énormément de tentes et abris fait de bâches. Ces tentes sont posées devant les maisons, sur les gravas, sur les toits, sur les places publiques...

Quelques photos: https://picasaweb.google.com/107992730340357107736/HabitatHaitien?authkey=Gv1sRgCN7Djqqkh_DAkQE#5625260492548327954